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Des chercheurs danois du Rigshospitalet à Copenhague ont élaboré un «ovaire artificiel» d'après un tissu ovarien prélevé sur des patients cancéreux. Une première qui pourrait représenter une alternative pour les femmes dont la fertilité a été affectée par un traitement lourd comme la chimiothérapie.

Cela peut être considéré comme un nouveau rêve qui se réalise pour les femmes ayant des problèmes de fertilité liés à la cure. Des scientifiques danois ont fait un pas prometteur vers le développement d'un "ovaire artificiel"

La forme développée n'est pas à réellement parler un ovaire mais un groupe de tissus qui pourrait accomplir le même rôle. Il a été créé à partir de tissus ovariens prélevés chez des patientes atteintes de différentes formes de cancer ayant fait congeler leurs cellules pour préserver leur fertilité avant la prise des traitements médicaux.

Au total, ce sont 958 follicules qui ont été récupérés auprès de 286 femmes, âgées en moyenne de 28 ans. Les chercheurs ont, dans un second temps, effectué une sorte de tri des échantillons, obtenant d’un côté du tissu ovarien vidé de ses cellules et constitué principalement de collagène et, de l’autre, des follicules sains, non cancéreux.

Une structure fonctionnelle

Les follicules ovariens ont ensuite été mis en contact avec le tissu dépourvu de cellules, qui par la suite, a été implanté chez des souris. Au total, le tissu recelait pas moins d’une vingtaine de follicules. Durant au moins trois semaines, un quart de ces derniers se sont développés et ont été maintenus en vie.

L'ovaire artificiel a été installé par l’appareil vasculaire de l'animal. Des résultats très prometteurs.

« Nous avons observé que ce support inerte [le tissu dépourvu de cellules] avait été colonisé avec succès par des follicules humains isolés sans cellules malignes », a expliqué le le Dr Susanne Pors du laboratoire de biologie de la reproduction du Rigshospitalet. « C’est la première fois que des follicules humains isolés ont pu ainsi se multiplier », a-t-elle poursuivi.

Une nouvelle alternative ?

Si les tests sur l’humain s’avèrent concluants, cette nouvelle approche pourrait bien révolutionner le traitement de l’infertilité liée à des traitements comme la chimiothérapie. Cette dernière, comme la radiothérapie, peut en effet endommager les gamètes, obligeant les femmes à congeler leurs ovocytes où à se faire prélever une partie de l’ovaire. Toutefois, cette procédure n’est pas sans risque avec certaines formes de cancer, telle que le cancer ovarien ou la leucémie, qui peuvent également toucher les tissus ovariens.

Ceci implique qu’une fois le tissu décongelé et réimplanté, il y a un risque que la maladie ne se développe à nouveau. Une complication qui entrave certaines femmes de profiter de cette intervention. Mais avec l’ovaire artificiel, le risque pourrait être écarté. Cette alternative pourrait ainsi représenter, à terme, une nouvelle stratégie de préservation de la fertilité sans ponction d’ovocyte et sans risque de réapparition de cellules malignes.

Cependant, des recherches supplémentaires doivent être effectuées avant que la technique puisse être mise en œuvre, comme l'a noté le Dr Pons pour The Guardian: «Il faudra beaucoup de temps avant que le test ne soit effectué sur une femme.». Cela peut prendre cinq à dix ans de travail avant que les ovaires artificiels ne soient prêts à être testés chez l'homme, a-t-elle déclaré.

Neila

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