Au CHU de Dijon, les patients atteints de sclérose en plaques peuvent rencontrer des professionnels de santé mais aussi un médecin du travail et une assistante sociale au même endroit et dans la même journée.

Bertrand Rif a 48 ans. Il souffre depuis 10 ans de la sclérose en plaques (SEP). Au départ, la maladie s’est manifestée par une simple tendinite et une jambe qui boîte un peu. «Quand je montais l’escalier, je ratais les marches. C’était banal comme situation, je n’y ai pas trop fait attention», se rappelle-t-il. Son médecin de l’époque n’est pas non plus alerté. Il lui prescrit des anti-inflammatoires. Les signes disparaissent. Mais quelques mois plus tard, de nouveaux symptômes apparaissent. «Cette fois, mon côté droit était paralysé. Je ne ressentais plus rien au niveau de la peau», raconte Bertrand. À l’IRM, des lésions cérébrales caractéristiques de la sclérose en plaques sont observées.

«La SEP est une maladie auto-immune du système nerveux central. Les cellules immunitaires s’attaquent aux gaines de myéline qui entourent les neurones»

«La SEP est une maladie auto-immune du système nerveux central. Les cellules immunitaires s’attaquent aux gaines de myéline qui entourent les neurones et qui participent à la transmission de l’influx nerveux», décrit le Pr Philippe Moreau, neurologue de Bertrand Rif au CHU de Dijon et président du Comité Scientifique de la Fondation pour l’aide à la recherche sur la sclérose en plaques (ARSEP). C’est cette destruction de la myéline qui peut provoquer l’atteinte motrice, une perte de vision ou des troubles urinaires.

Une évolution par crises

Dans les premières années, la maladie évolue par crises transitoires qui laissent peu de séquelles. «Heureusement, et je touche du bois, j’ai une forme peu agressive. En 10 ans, j’ai fait deux ou trois crises», glisse Bertrand. Mais en dehors de ces poussées, la maladie entraîne une grande fatigue, «comme une chape de plomb», qui va et vient. Des difficultés de concentration, de l’anxiété apparaissent. Autant de troubles qui retentissent sur l’environnement familial, professionnel et social des malades. «Au début de ma maladie, je travaillais en restauration, mais c’était impossible pour moi de rester debout et faire le service. J’ai été licencié pour invalidité», illustre Bertrand.

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