Comme tout le monde le sait désormais, les gouvernements ont adopté une série de mesures pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

L’une des mesures les plus restrictives (mais nécessaire pour enrayer la contagion!) affecte les déplacements des personnes. Bref, sans raison valable, justifiée par des raisons professionnelles ou par des raisons de santé, il est demandé de rester à la maison.

Alors, que pensent les experts des impacts psychologiques de cette forme de semi-isolement sur les populations touchées par le coronavirus?

Quel sera l’impact psychologique de cette quarantaine à court et à long terme?

La quarantaine forcée implique pour nous tous une suspension du quotidien drastique qui, en tant que telle, doit être métabolisée.

Le détachement de ce que sont nos affections, notre vie quotidienne, ainsi que la perte de la liberté individuelle, conduit beaucoup d’entre nous à éprouver un fort sentiment d’angoisse et de déstabilisation qui conduit souvent dans un premier temps à nier la réalité, à prétendre que ce qui se passe n’est pas réel ou même ne nous regarde pas.

Au cours des dernières semaines, plusieurs études ont été menées, dont les données sont encore en phase d’analyse préliminaire, qui montrent qu’à court terme, l’incertitude et les restrictions à la liberté personnelle et à la capacité de décision de l’individu peuvent provoquer de la rage, frustration, anxiété et dissociation de la réalité.

Ces symptômes, s’ils durent longtemps et sont de plus en plus intenses, peuvent conduire les personnes souffrant de stress post-traumatique, trouble très fréquent chez les sujets qui ont vécu des expériences traumatisantes et répétées au fil du temps.

Mais heureusement, malgré cette période extrêmement difficile, la plupart d’entre nous ne se plaignent pas et ne souffriront probablement d’aucun symptôme sévère, grâce à notre capacité de résilience qui nous permet de réagir activement en cas de danger et de contrer le traumatisme.

Est-il possible de saisir des aspects positifs de cette période? Si oui, comment faire?

Étant donné le temps passé à la maison et l’impossibilité pour beaucoup de gens de travailler, cela pourrait être l’occasion pour tout le monde de ré-investir sur soi, sur de nouvelles ou anciennes activités ou passions, pour lesquelles on n’avait pas assez de temps avant la quarantaine.

On pourrait se consacrer à un projet longtemps abandonné : apprendre à jouer d’un instrument, suivre des cours en ligne, écrire un livre ou cultiver ses propres relations. Ce temps pourrait être utilisé pour essayer d’entrer en contact avec des amis ou des parents éloignés, grâce aussi à l’avènement des réseaux sociaux qui, jamais comme dans cette période, nous viennent en aide.

Comment gérer la solitude causée par l’isolement social?

La quarantaine causée par l’épidémie de coronavirus au niveau individuel a un fort impact psychologique, mais l’impact peut-être plus grand est celui qui affecte la sphère sociale.

L’homme est par nature un animal social, qui se nourrit de relations. Par conséquent, dans une période d’isolement social, où les rencontres, les câlins, se donner la main sont bannis, le sentiment de solitude est plus que compréhensible.

Mais, après une phase initiale de désorientation, notre capacité de résilience, donc notre capacité à surmonter les difficultés et les événements traumatisants nous permet de réorganiser nos habitudes mais aussi – et surtout – nos schémas mentaux et c’est dans la collectivité, et donc dans la sphère sociale élargie où tout le monde cherche la force d’aller de l’avant.

Il suffit de penser aux différents flashmob des balcons, aux chansons chantantes entre étrangers qui donnent chacun à leur fenêtre : dans ces gestes réside le sens intrinsèque d’une communauté qui lutte et qui cherche à combattre l’isolement de ses maisons. Et ainsi les quartiers redeviennent habités de sons et de gens, de rendez-vous – de choses à faire, mais surtout à attendre – qui relient, rassemblent et scandent les journées.

En outre, à notre époque technologique, les nouvelles technologies tant diabolisées, en particulier les médias sociaux, aident de nombreuses personnes à lutter contre la solitude et l’isolement social. En permettant à beaucoup de gens de rester en contact avec leur famille, avec leurs amis, de se voir quotidiennement, de continuer à travailler, d’échanger des messages d’encouragement ou simplement utilisés comme un outil pour passer le temps.

Comment maintenir une coexistence familiale pacifique, surtout pour ceux qui ne sont pas habitués à vivre 24 heures sur 24?

L’imposition d’une cohabitation forcée et l’impossibilité de s’éloigner pendant de longues périodes les uns des autres peuvent conduire à exacerber les nervosités, les conflits et les incompréhensions. C’est pourquoi il est bon, autant que possible, de réussir à se découper des espaces personnels, de ne pas renoncer à son individualité et à sa vie quotidienne.

Pour maintenir la paix et l’harmonie à la maison, il faut établir une liste de règles, parler honnêtement les uns avec les autres et être prêt à faire des compromis. Le conseil est donc de programmer pour prévenir le conflit. C’est pourquoi il est essentiel d’essayer de suivre une routine, dans laquelle tous ont un rôle précis qui inclut non seulement le soin personnel et éventuellement l’étude ou le travail, mais aussi un certain mouvement. L’activité physique (compatible avec les espaces disponibles et les outils que vous avez à la maison) de tout type ou de toute intensité, aide à réduire les niveaux de stress en améliorant le ton de l’humeur.

Pour ceux qui éprouvent alors un profond sentiment d’anxiété, de panique ou de dépression, il convient de se tourner, qu’il s’agisse d’adultes ou d’enfants, vers le psychologue. Nombreux sont les psychologues et les psychothérapeutes qui offrent en ce moment de vulnérabilité psychologique particulière conseils téléphoniques et en ligne.

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