Le chef d’orchestre du taux de sucre dans le sang

Viscère le plus volumineux de l’organisme, le foie remplit partiellement son rôle en détruisant ou en stockant les molécules de glucose que lui apporte le sang après chaque repas. Quelle que soit la forme sous laquelle les sucres parviennent dans les intestins, ils sont découpés en petites molécules, ou monosaccharides: glucose, galactose, fructose. Tout est alors converti en glucose. Lequel est utilisé de différentes façons: il peut fournir de l’énergie, grossir les réserves de glycogène (un assemblage de molécules de glucose) ou encore être converti en acides gras (lipogenèse) si les réserves sont pleines. Mais pour que notre taux sanguin de sucre soit constant, le foie doit aussi puiser dans les réserves pour fabriquer du sucre, à distance des repas: c’est la néoglucogenèse.

Le foie va alors transformer son stock de glycogène en glucose. C’est le seul de nos organes capable de libérer ce sucre dans le sang – les muscles peuvent aussi prélever du glucose dans leurs stocks mais uniquement pour leur propre consommation. Quand ces réserves hépatiques sont épuisées, soit une douzaine d’heures après le repas, le foie va ensuite synthétiser du glucose à partir d’acides aminés, de lactate et de glycérol. Et c’est seulement faute de nouveaux apports de glucides dans les deux jours que la synthèse de glucose dans le foie diminuera, l’organisme tirant alors partie de son énergie des acides gras.

Trop de sucre tue le foie

Le foie a donc plus d’un tour dans son sac pour réguler nos taux de sucres. Mais on sait aujourd’hui que trop de sucre peut lui nuire, voire même le détruire. Le syndrome du «foie gras», autrement dit l’accumulation de graisse dans les cellules du foie, toucherait ainsi 30 à 50 % des adultes aux Etats-Unis. Ces malades présentent les mêmes lésions du foie que dans l’hépatite alcoolique – alors qu’ils boivent peu ou pas du tout d’alcool.

Cette pathologie baptisée stéatose métabolique peut dégénérer en fibrose, voire en cirrhose et en cancer. En France, vu le nombre de personnes en surpoids, il est possible que 20 % des adultes soient concernés. Malheureusement, si l’on surveille chez ces personnes les risques de diabète ou de maladies cardiovasculaires, les médecins oublient trop souvent que le foie peut être atteint. Faute de diagnostic, mieux vaut alors agir de façon préventive: perdre du poids, faire du sport et rééquilibrer son diabète le cas échéant. Le tout, naturellement, avec une alimentation équilibrée et un minimum de sodas et autres boissons sucrées.

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